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Marajo : région la plus pauvre du  Para
(Le Para fait partie des états pauvres, tous situés dans le Nord)

 

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·       Misère actuelle, et l’avenir ?

·        Actuellement situation sanitaire déplorable.

·        Des religions méprisées, et parfois encore persécutées.

·       XXI° s : des enclosures privent des paysans de toutes ressources.

 

Misère actuelle, et l’avenir ?

·         14/12/06: Marajo et Pará: Être la région la plus pauvre d’un état pauvre.

Une étude de la croissance du PIB du Pará (+6,61% en 2004) commune par commune montre un développement très inégalitaire en 2004.  La région la plus pauvre, l'île de Marajó, est aussi celle qui croît le moins (seulement 3% en 2004). Brasilyane.com

·        Quel avenir pour les habitants de Marajo ?

Leurs enfants  iront-ils grossir le chiffre des 322000 enfants de 5 à 17 ans qui travaillent dans le Para, dans le but essentiellement de se nourrir, par ex dans le recyclage  la décharge Aterro Sanitario do Aura de  Bélem ?

Adultes seront-ils des travailleurs esclaves, victimes du système du magasin ? par ex. ( voir Brasilyane.com) en mars 2007 1100 d’entre eux sont libérés , dans une fazenda ils cultivaient de la canne à sucre pour la fabrication de l’éthanol ( biocarburant).

Tout ceci étant la conséquence  de l’extrême pauvreté, 60% des habitants du Nord et du Nord-Est sont sous- alimentés (rapport de la FAO).

·          27/01/07: Le développement est-il à l’ordre du jour pour  Marajo ?

Le Projet d'Accélération de la Croissance, voulu par Lula, accordera une part plus importante au Para qu'aux autres états, et l'île de Marajo sera prioritaire particulièrement dans les secteurs de l'habitation, de l'assainissement et de l'électrification. source: o Liberal .

Le secrétaire de l’état du Para, Carlos Guesde, est confiant malgré

 les coupures et ajustements subis par les projets fédéraux jusqu’alors !!!

  • Misère, prostitution et emprise des narcotrafiquants à Marajo.D'après l’article de « O Liberal » du 15/04/2008

 L’article relate les déclarations de l’évêque dom José Luiz  Azcona – 68 ans- qui affirme la gravité et la généralisation de la prostitution enfantine et de l’emprise de la drogue, à Marajo, conséquence de la misère qui règne sur l’île.

 Si c’est le cas dans tout le Para, c’est encore plus grave sur l’île de Marajo. En effet si l’évêque affirme que le Para est dans une situation de non gouvernement, il précise que
2 préfets lui ont affirmé que, dans quelques années, le réseau de narcotrafiquants fera élire tous les préfets de Marajo (au Brésil le préfet a une situation et une importance intermédiaire entre un maire et un préfet français).

 L’évêque estime que la juge qui a dénoncé la détention d’une mineure avec une vingtaine d’hommes a  fait preuve de beaucoup de courage, lui-même a été menacé de mort, ainsi que deux autres évêques qui dénoncent cette forme de criminalité.

 Les coupables, eux ne risquent pas grand’chose : un responsable de réseau de prostitution vers la Guyane – incluant des mineures- arrêté à Oyapock, est très vite sorti de prison. L’évêque souligne ici la présence du pouvoir économique derrière la prostitution. 

 Comme nous venons de le voir des jeunes filles de Marajo sont prostituées en Guyane, mais d’autres départs sont organisés vers l’Europe. Une jeune fille de 16 ans , originaire de Portel (localité du Sud de l’île) est repérée à l’aéroport de Sao Paulo en partance pour Madrid, elle affirme alors que dans les jours prochains d’autres femmes seront embarquées.

 Les pouvoirs publics affirment que les faits dénoncés sont étudiés et qu’il y aura des arrestations, mais aussi qu’un plan de développement  de Marajo sera mis en place, à partir du mois de mai, ce  plan s’intéresserait particulièrement aux enfants, mais en attendant la situation empire sur l’île.

Dans le Sud de l’île, des garçons et filles de 12 à 16 ans, accostent en barque les bateaux et montent s’y prostituer contre de la viande ou de l’huile, au vu et au su de tous.

 

 Actuellement une situation sanitaire déplorable

  •  le paludisme : le 11/04/06 O Liberal signale une multiplication des cas de paludisme dus aux fortes pluies ,et précise + de 3669 de personnes atteintes  à Anajas au centre de l’île de Marajo, à Joanes les cas sont nombreux dans le quartier ouest qui est marécageux.(cité sur Brasilyane.com)
  • Le sida:O liberal  affirme le 26/03 /06: «  de nombreuses communes n’ont encore notifié aucun cas de séropositivité, simplement parce qu’il n’existe aucune structure de dépistage, il est grand temps d’entreprendre une campagne de prévention spécialement destinée aux femmes qui ont trop souvent du mal à exiger des hommes le port du préservatif ».( cité sur Brasilyane.com)
  • Institut de médecine. Paris7 site Xavier Bichat: extrait de projet présenté pour financer une enquête en 2004

Le second état que nous avons choisi, l'état de Para, s'inscrit dans le contexte géographique, économique, social et politique de l'Amazonie (Droulers, 2004). Dans ce vaste territoire, l'urbanisation est beaucoup plus faible que dans l'état de São Paulo, de même que la densité de population. Les structures de santé publique sont moins développées, et à ces problèmes de structures s'ajoutent d'une part les difficultés liées aux distances et à l'isolement géographique des populations et d'autre part, la prévalence élevée d'un ensemble de pathologies infectieuses tropicales. Dans l'état de Para, le premier cas de sida notifié date de 1985, l'incidence reste faible , en comparaison de São Paulo, avec 4,6 cas pour 100.000 habitants en 2002, ce chiffre étant toutefois probablement inférieur à l'incidence réelle de l'épidémie en raison de la sous notification des cas.

Les données disponibles indiquent que
l'épidémie de sida se développe également en milieu rural, à distance des centres de diagnostic et de traitement de l'état.

 

Des religions populaires méprisées et parfois encore persécutées.

Rencontres des religions chrétiennes , africaines et amérindiennes :

 Les rites religieux d’origine africaine, amérindienne ont perduré en syncrétisme avec la religion catholique, par ex selon les esprits, avec lesquels on est en relation, on parle en portugais ou dans une langue africaine.

 Beaucoup se disent catholiques mais disent que les autres rites sont une tradition, une obligation.

 Ces rites, appelés « guérissage »,ont été persécutés jusqu’à nos jours par l’Inquisition d’abord, puis par la loi de l’état, aujourd’hui par les Evangéliques, la religion universelle « do Reino de Deus » qui les exorcisent devant les caméras de télé et incitent à la violence contre les « terreiros » (lieu de culte).

 Mais actuellement les rites d’origine africaine suscitent un gros intérêt des chercheurs, des intellectuels et sont considérés comme une richesse culturelle par l’état, (ceci étant tout nouveau contrairement à ce qui s’est passé dans l’état de Bahia), mais l’évolution des mentalités étant lente l’ensemble des rites afroamérindiens subit le mépris ancré dans les mentalités de l’ensemble de la population.  Et si l’héritage africain commence à être revalorisé,il n’en est rien pour l’héritage amérindien toujours désigné par des termes péjoratifs : macumbaria ou feitiçaria ( sorcellerie).

 

 

XXI° s : des enclosures privent des paysans de toutes ressources .

Culture du manioc Pêche Cueillette du wassaï

d’après un article, paru en octobre 2006, dans la revue « Ciencia Amazonia » , dont l’auteur est Christiane Nogueira, professeur à l’université du Para)

La situation traditionnelle 

Une population métissée, beaucoup d’inégalités, de la pauvreté pour le plus grand nombre :

·          Un groupe autochtone d’Amérindiens vivant très retiré.

·          Des fazendas (haciendas) d'éleveurs de buffles Des fazendeiros dans des demeures rustiques luxueuses et pratiquant le tourisme : équitation, excursions, bonne cuisine, confort…. En complément de l’élevage.

·          Des populations issues du brassage résultant de l’ère coloniale, des descendants d’esclaves noirs et indiens  et d’Européens.
(Les Indiens réduits en esclavage étaient déplacés pour éviter les évasions, donc n’appartenaient pas aux tribus locales).
 Dans la commune de Salvaterra, (dont fait partie Joanes), ces populations métissées vivent :
 soit dans des villages côtiers , sur les rives de l’Amazone, comme Joanes, de la
pêche dont la production est exportée sur Belem .
 Le tourisme commençant à apporter des compléments de ressources ,mais le
niveau de vie est faible, une douceur de vivre pouvant compenser le manque de produits de consommation tant que la maladie ne survient pas, ou même le désir trop fort de ces mêmes biens
;
 soit dans des hameaux
comme : Paixão, Caldeirão, Mangueira, Bacabal, Boa Vista , certaines de ces communautés sont issues du marronnage, 
 appelées
quilombos (Noirs) ou mocambos (Indiens), à Marajo elles sont des communautés métisses.
Ces  populations, vivent sur les marges des fazendas de la
culture du manioc avec comme complément  la cueillette et  la pêche .

Les habitants des hameaux perdent l’usage des terres, des rivières , de la forêt.

 Les grands propriétaires enclosent leur domaine ou ce qu'ils estiment l'être, par exemple les habitants d’un hameau de Salvaterra voient passer la clôture devant leur cuisine, et n'ont plus accès ni à la rivière, ni à leur cimetière pourquoi ? 

  •        Actuellement les ressources de la forêt se raréfient

·         depuis 1988, les quilombos et les mocambos peuvent se faire reconnaître en tant que telles, elles ont alors la possession collective de la terre dont elles ont l’usage, une dizaine de ces communautés existent à Salvaterra, leur existence légale est en cours de juridiction, mais aucune ne possède actuellement les titres de propriétés des terres qu’ils cultivent, les fazendeiros n’enclosent-ils pas avant les enquêtes judiciaires ?

·        Remarquons que  la justice du Para en 2006 a décrété la suspension de toutes les immatriculations de propriétés rurales de plus de 10.000 hectares enregistrées entre 1934 et 1964, ainsi que de toutes celles de plus de 3.000 ha entre 1964 et 1988. La plupart de ces immatriculations sont considérées comme suspectes.

·        Clore c’est aussi marquer les limites de «  son territoire ».Besoin d’autant plus pressant que la loi prévoit que les terres inoccupées peuvent être reprises.

 Le phénomène de la clôture semble être né de l’appauvrissement de la forêt et d’ un effet pervers de lois en faveur des paysans pauvres, mais dans un pays où la loi est rarement appliquée et la police souvent aux ordres des puissants.

Que faire ?

  • Se plaindre ? Se révolter ? les clôtures sont parfois gardées par des pitbull, les gardes frappent, torturent ou même tuent .Des plaintes sont déposées, des articles de revues scientifiques dénoncent sans aucun effet.

  •  Partir ? Toutes les petites villes du littoral voient arriver des familles complètement démunies qui refusent de dire d'où elle viennent. Elles occupent  des terrains vacants en général marécageux, c'est le cas à Joanes et plus encore à Brévès où leurs maisons sont construites sur pilotis et où l'on l'on circule sur des pontons, ces nouveaux arrivants sont mal perçus par le reste de la population, les nouveaux quartiers à Bréves sont appelés "invasions" et à Joanes ces populations souvent sans papiers sont qualifiées de "clandestins" et là les attendent des travaux sous-payés de journaliers, parfois une meilleure aide sociale, Lula vient de promettre des titres de propriété et des papiers d'identité gratuits aux habitants des "invasions " de Bréves, puis certains repartiront peut-être pour les bidonvilles de bélem ou se laisseront tenter par un enrôleur de travailleurs esclaves!!

 

 

Etant donné l’augmentation du prix du riz et des haricots et des denrées alimentaires en général, la situation ne peut que s’aggraver.

 Nous savons que notre aide est à peine une goutte d’eau dans l’océan de misère, mais elle est importante pour ceux qui la reçoivent.

 

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